Le tribut des TMS pour l’individu et l’organisation

Le tribut des TMS pour l’individu et l’organisation

Près de quatre travailleurs belges sur cinq (79 %) souffrent de troubles musculosquelettiques (TMS) au niveau du dos, de la nuque, des épaules ou des articulations. C’est ce qui ressort d’une enquête menée à grande échelle en Europe sur les conditions de travail et la qualité de l’emploi et du travail. Avec 58 % des travailleurs déplorant des maux de dos et 30 % déclarant cumuler des douleurs à plusieurs niveaux, les TMS restent l’une des principales causes d’absentéisme et un frein à l’employabilité. Leur impact sur l’individu et sur l’organisation est donc considérable. 

Un blog d’Attentia 

Les troubles musculosquelettiques tels que les douleurs lombaires, les douleurs cervicales ou les tendinites sont l’un des défis majeurs auxquels est confronté le marché du travail belge. Ils sont causés par la manutention de charges, le fait de rester longtemps dans une mauvaise posture ou par des surcharges. Les derniers chiffres issus de l’Enquête européenne sur les conditions de travail (European Working Conditions Survey — EWCS) montrent que pas moins de 79 % des travailleurs belges ont connu au moins une plainte TMS au cours des 12 mois précédant l’enquête.  

Plus concrètement, 58 % ont déclaré avoir eu mal dans le bas du dos, 62 % au niveau des membres supérieurs (nuque, épaules, bras et poignets) et 44 % au niveau des membres inférieurs. Il importe de souligner que près d’un travailleur sur trois (30 %) déplore avoir souffert de douleurs dans les trois parties du corps : dos, membres supérieurs et membres inférieurs.  

L’impact est énorme. La douleur physique donne souvent lieu à un absentéisme de longue durée, à une baisse de productivité et à une hausse des coûts, à la fois pour le travailleur, pour l’employeur et pour la société.  

Le coût économique et humain

Le coût économique des troubles musculosquelettiques en Belgique est estimé à 5 milliards d’euros par an en moyenne. Ce chiffre tient compte des coûts médicaux directs supportés par notre société, mais aussi des coûts indirects pour les employeurs et les travailleurs, dus à la perte de productivité et à l’accroissement de la charge de travail pour les collègues. 

Les douleurs lombaires s’avèrent être le trouble le plus coûteux et le plus fréquent. Leur impact n’est toutefois pas seulement financier, il est aussi humain. En effet, les douleurs chroniques pèsent sur la charge mentale, nuisent à la motivation et induisent souvent un sentiment d’isolement, ce qui aggrave le risque d’absence prolongée et complique la réintégration. 

Les causes et les facteurs de risque

Les TMS sont notamment dus à la manutention de charges lourdes, à des mouvements répétitifs, à des postures statiques ou à un manque d’adaptations ergonomiques sur le lieu de travail. Les travailleurs prennent ainsi de mauvaises habitudes, qu’ils conservent inconsciemment. Par ailleurs, les facteurs psychosociaux (pression de travail trop élevée, manque d’autonomie ou conflits sur le lieu de travail) jouent un rôle important et aggravent considérablement les troubles physiques. Sans oublier les facteurs environnants, qui peuvent aussi avoir une incidence. Les températures extrêmement élevées peuvent fatiguer les muscles plus rapidement et causer une surcharge, par exemple.  

Il importe donc de prendre des mesures structurelles et préventives. En premier lieu, il est essentiel de prêter attention à l’ergonomie, et ce, dès le début de la carrière du travailleur. Mais il est tout aussi important de veiller à un équilibre sain entre vie professionnelle et vie privée et d’investir dans une politique de bien-être durable afin de permettre aux organisations de progresser. 

 

La clé, c’est la prévention

Prévenir vaut toujours mieux que guérir. Pour limiter l’absentéisme dû aux TMS, la législation relative à l’ergonomie, renouvelée en 2024 par le gouvernement fédéral, prévoit des mesures supplémentaires pour inciter les employeurs à insister sur la prévention, comme : 

  • Une analyse ciblée des risques ergonomiques ;  
  • Une politique d’achat tenant compte de critères ergonomiques stricts ;  
  • Des formations pour les responsables et les travailleurs ;  
  • Une surveillance précoce et une intervention rapide en cas de douleurs ;  
  • Des enquêtes scientifiques visant à détecter à temps les signaux physiques et psychiques et à intervenir de façon plus ciblée ;  
  • Une rotation des tâches réfléchie et un aménagement judicieux des postes de travail.  

 

Il convient aussi de penser au télétravail dans ce contexte. Au bureau comme à la maison, il est fondamental de fournir du matériel qui peut être installé et réglé correctement pour prévenir les douleurs à long terme. 

Le rôle des responsables

Les responsables ont un rôle crucial à jouer dans l’identification des premiers signaux et dans l’accompagnement des travailleurs. Les entreprises doivent donc les soutenir en leur donnant les bonnes informations et des instructions claires. Une idée consiste à désigner des « ergo-ambassadeurs » internes, qui donnent des conseils pratiques à leurs collègues pour soulever des charges ou pour régler leur bureau. La mise en place d’un accompagnement ou de formations spécifiques par un ergonome expérimenté ou par un conseiller en prévention-médecin du travail peut aussi s’avérer extrêmement utile. 

L’avis de ces experts est précieux, en particulier dans le cadre de la réintégration de travailleurs après une absence due à des TMS. C’est en effet grâce aux bons conseils et aux adaptations correctes que la reprise du travail aura les meilleures chances de réussir et que vous éviterez les rechutes. 

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